Isabelle Rousseau - performer in NEP Part 1 |
The National Elevator Project definitely brought to audiences and theatre makers a completely different theatre experience bordering, in my opinion, on psychological experimentation (Bystander Syndrome for example), installation and happening (because of the site-specific nature of the project), and actually being part of a piece (as opposed to watching one). Some reactions where wonderfully refreshing: “I felt like I was in a movie”, commented a friend.
It’s definitely one of the most exciting pieces I’ve been a part of in a
while, for different reasons. I’m excited of what the proximity allowed to happen, an intimacy with
audiences and a study into moments in between social interactions. It seems to
me now that a lot of social interaction actually happens outside of
words.
Jason Chinn’s deceptively simple set up was a fertile ground for
anything to happen: an office elevator, two women of opposite temperament
forced to interact. It’s some kind of Ground Hog Day for Linda, the meetings
becoming more and more uncomfortable and even alienating.
Being alone with the audience in between floors, I sometimes had to figure
out if I was an actor or part of the audience, blending in while still acting. And
although the other actor (Melissa Thingelstad) often addressed the crowd
directly, my choice, given the situation, was to refrain from commenting on
anything that had happened before except by throwing a brief look to them, thus
holding back from tugging sympathy towards my character.
I love that Jason Chinn’s writing sits in grey zones, where no one is
completely innocent; no one is completely a victim or an abuser. It’s all much
more complex than black and white.
A deep divide revealed itself in reactions to the play: younger
audiences would generally respond better to Melissa’s intensely extroverted
Margaret while more mature audiences would feel more empathy towards Linda, the
introvert.
The challenge was to keep it alive and new every time we re-started the
scene, which on high-turnover nights might have been twelve times. I worked
this out by keeping busy in between the cycles: what is Linda reading? What
does she carry in her purse? What’s her favorite food? And so on, a study in
minimalism close to film maybe.
Being outside of the theatre was another challenge: where’s my dressing
room? I’m out in a public space, yet preparation still needs to happen. We got lots of surprises during the run as well: elevators do not necessarily
go where you want them to… They are as finicky as human beings. Thus the
elevator has a personality of its own and we have to deal with it as another
character that might interfere with the script. Feeling out of control was thus
a recurring sensation that put me in a very exciting danger zone.
Un projet
des plus excitants: le public était au rendez-vous de cette expérience théâtrale
inhabituelle qui se déroulait dans des ascenseurs du centre-ville d’Edmonton. Une
façon novatrice d’amener des gens dans ce centre-ville quasi désert le soir
après 18h, cette expérience théâtrale hors murs de théâtres institutionnels a
suscité un intérêt énorme et une excitation certaine chez les comédiens en plus
d’enthousiasmer les foules qui se sont présentées pour voir de quoi il
retournait.
Interaction
avec le public et style de jeu: à découvrir puisque c’est proche du théâtre de rue
dans un certain sens mais il y a définitivement un texte, un scénario. Parfois,
le public ne sait pas comment réagir et intervient spontanément, ce qui donne
lieu à des surprises (Ex : un étranger au projet qui monte dans
l’ascenseur et qui appuie sur le mauvais bouton ce qui change notre parcours
fixe). Mais c’est exactement ce qui fait le charme de ce type de théâtre :
il y a tellement d’imprévu et cette interaction est très riche pour les
comédiens et le public.
Défis :
le premier défi est celui du site. On n’a pas le contrôle sur l’ascenseur, on
répète sur l’heure du lunch et on a mal au cœur tellement on va d’un étage à
l’autre, l’ascenseur est programmé et ne va pas où l’on veut. Il y a aussi le
défi de la durée : les pièces sont courtes, on doit donc les tourner de
huit à douze fois par représentation, alors comment garder une fraîcheur, une
vitalité dans tout ça? J’ai passé beaucoup de temps à vaquer à des occupations
entre les scènes pour rendre ça vivant, pour aviver mon imagination. J’ai cherché
dans le détail, voire ce qui n’est même pas visible pour le public pour trouver
de nouvelles inspirations, dans mon sac à main. J’avais plein de trucs que je
pouvais faire entre les étages (je restais toujours sur l’ascenseur avec le
public) et j’allais dans ce détail quasi cinématique pour divertir le public ou
du moins l’intéresser et m’intéresser moi-même. J’ai décidé que je pouvais
« vivre » dans cet ascenseur comme je l’aurais fait dans une
situation réelle.
La
juxtaposition du réel, du minimal et du stylisé (contrainte de temporalité)
était aussi un défi intéressant. Nous avons décidé de résoudre cela par le
narratif : Linda est prise dans une sorte de Ground Hog Day, ce qui m’a
énormément aidée à faire ces sauts temporels en très peu de temps. Je me
retrouvais dans une sorte de cauchemar en boucle, une situation presque kafkaïenne,
qui escaladait jusqu’à l’explosion finale. Tout ça en moins de neuf minutes. Du
théâtre futuriste? Peut-être. C’est clair que les foules ont été interpelées et
intéressées par cette forme surprenante dans un lieu banal mais étonnant.
No comments:
Post a Comment